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Hervé Morin a présenté aujourd’hui les nouveaux sites du Nouveau Centre. Trois nouveaux sites internet sont lancés :

- Le site du Nouveau Centre: www.nouveaucentre.fr est le portail d’informations

Think Centre, un site de débat participatif. Le logement y est en ce moment un thème assez récurrent.

Epicentres, site de la mobilisation militante, un véritable réseau social du Nouveau Centre. Il est notamment possible d’organiser des débats locaux avec une google map.

Le Nouveau Centre a mis en place une campagne de communication online, avec de l’achat de mots-clés sur Google. 

Si vous recherchez par exemple François Bayrou, un encart vous invite à participez au débat pour “le projet du Nouveau Centre”. 

Autre axe fort de la nouvelle stratégie, Twitter. Le Nouveau Centre dispose déjà d’un compte Nouveau_Centre. Hervé Morin devrait d’ailleurs écrire lui-même sur le site de micro-blogging, estimant qu’il ne faut pas rendre impersonnel l’utilisation de ce nouvel outil. 

Par Hervé Morin, ministre de la Défense et président du Nouveau Centre (Tribune publiée

dans Le Figaro 15/03/08).

 

 

 

Hervé Morin, président du Nouveau Centre

Hervé Morin, président du Nouveau Centre

Depuis 2007, le centre est à reconstruire. La principale cause de nos difficultés a été la

confusion dans laquelle nous avons été placés, pour des raisons tactiques, au point que

nul ne savait plus très bien quelles valeurs nous défendions. Cet excès de tactique nous a

conduits à délaisser le fond, à oublier la cohérence de notre tradition intellectuelle et

politique. Le centrisme n’est pas un mouvement indéterminé ou neutre que l’on peut

mobiliser au service d’une ambition particulière.

Le centrisme est un projet de société. Il prend sa source dans un système de valeurs qui

suppose de fermes options sur la manière de conduire les affaires publiques. Depuis les

dernières élections nationales, je me suis attelé à une oeuvre de reconstruction, initiant

aussitôt la création du Nouveau Centre. En dix mois, ce jeune parti a dépassé les 7 000

adhérents. Nos premiers pas sont encourageants si l’on songe aux 22 000 membres que

comptait l’UDF avant 2007. Le relèvement du parti centriste peut être désormais acté. Je

voudrais ici ouvrir un second chantier, plus fondamental, qui est celui de la

reconstruction doctrinale et politique, car si nous devons réaffirmer nos valeurs et poser

avec plus de fermeté nos convictions, nous devons aussi expliquer dans quel type

d’action publique elles s’incarnent.

La défense et la promotion des libertés forment un tout qui conditionne le projet centriste

et en détermine le contenu. Je sais que, par culture, les centristes repoussent toutes les

formes de dogmatisme. Ils sont ouverts au dialogue, à l’accord, au compromis. Ils

répugnent au pur rapport de forces et lui préfèrent la recherche de l’équilibre. Il est

certain que l’on ne saurait bâtir une société juste sans porter une éthique du compromis.

Mais ce qui est une force éthique peut aussi parfois constituer une faiblesse politique, car

la politique est un combat. En cinquante ans, sous la V e République, les centristes ne

sont parvenus qu’une seule fois à populariser leurs conceptions. Nous le devons à Valéry

Giscard d’Estaing.

Que veulent les centristes sinon réussir à bâtir une société à la fois libre et juste ?

Comment ne serions-nous pas très à l’aise dans ce monde nouveau dont la liberté est le

principe, nous dont la philosophie repose sur la défense et la promotion des libertés,

individuelles et collectives ? Les centristes veulent aider la France à s’inscrire dans ce

temps, à retrouver le rythme de l’histoire, à renouer avec la jeunesse du monde. Oui,

étrangement, la France semble à l’écart, alors que notre passion pour la liberté a donné

les moments qui comptent parmi les plus glorieux de notre histoire et les pages les plus

brillantes de notre tradition philosophique. La liberté semble nous inquiéter alors que

nous la revendiquons toujours comme notre identité profonde. Plus grave encore, notre

pays apparaît de plus en plus comme celui, inquiet, qui troque des sécurités contre des

libertés, risques qu’ont si bien décrit Tocqueville et Bertrand de Jouvenel.

C’est pourquoi les centristes doivent avoir le courage de promouvoir franchement la

liberté économique et, en particulier, la liberté d’entreprendre, celle qui combine la

réussite personnelle avec le progrès matériel de la collectivité dans son ensemble. Il est

très préoccupant pour notre pays de constater que plus personne ne semble pouvoir

revendiquer cette liberté sans être aussitôt qualifié d’«ultralibéral», formule qui est une

sorte d’équivalent du cynisme absolu ! Proclamer son attachement à la liberté

économique, c’est bien ; y contribuer, c’est mieux. Cela suppose de soutenir l’esprit

d’initiative, d’encourager le risque, c’est-à-dire la création, l’innovation. Sans cela, il n’y

aura ni richesses ni redistribution. Soyons concrets : encourager la liberté

d’entreprendre, c’est, par exemple, comme nous le faisons aujourd’hui, supprimer

l’imposition forfaitaire annuelle (IFA) qui pesait sur les PME.

Notre libéralisme réclame un équilibre entre les libertés économiques et les libertés

politiques. Les premières doivent être tempérées par les secondes. Au nom de l’idéal de

justice, le centrisme veut aussi promouvoir une solidarité associative en appui et

complément de la solidarité administrative. Une société n’est libre et conquérante que si

elle est forte ; pour être forte, elle doit être responsable et solidaire.