Mardi 17 Novembre 2009
POLITIQUE. Estimant que « le débat démocratique n’était pas respecté », cinq élus sont partis avec fracas
L’opposition va au clash et quitte le conseil

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18 h 10 hier, l’ordre du jour n’a pas encore été abordé. Corinne Gacel (debout à gauche), Frédéric Neveu, Françoise Bleynie (cachée), Annie Tendron et Bruno Drapron s’en vont. (photo david briand)
Les retardataires habitués à suivre les séances du Conseil municipal en auront été pour leurs frais. Consacrée en partie à l’important débat d’orientations budgétaires (DOB), la réunion d’hier soir a débuté par le coup d’éclat des six élus de l’opposition appartenant à la liste emmenée par l’ex-maire Bernadette Schmitt.
Dans une allocution prononcée à l’ouverture de la séance et remise ensuite à la presse (1), Corinne Gacel a déploré que le délai de convocation du Conseil municipal, fixé à cinq jours francs, n’ait pas été respecté, selon elle. « Alors que nous aurions dû recevoir la convocation mardi matin dernier délai, nous ne l’avons reçue que ce matin », a-t-elle affirmé.
Tirant le constat que le délai légal n’était pas respecté et se réservant « la possibilité de déposer un recours annulant toutes les délibérations », l’ex-adjointe de Bernadette Schmitt a considéré que « cette négligence » traduisait un « profond mépris de l’opposition, mais aussi et surtout de la démocratie ».
Appel à manifester
Second motif de grogne : la révélation dans deux articles de « Sud Ouest », publiés dans les éditions de samedi et de lundi, des principaux caps budgétaires définis et tracés par la majorité de gauche plurielle. « Des grandes orientations dont nous aurions dû débattre ce soir », a déploré Mme Gacel.
Juste avant de quitter la table avec ses amis dans le même élan, Corinne Gacel a tout de même évoqué de manière liminaire l’annonce de la hausse de la taxe foncière (+ 17 %) que le maire Jean Rouger (PS) allait dévoiler quelques minutes plus tard. En développant les arguments qui ont conduit la municipalité à retenir ce scénario d’abord parmi les trois hypothèses de projet de budget (stagnation ou hausse de la fiscalité), puis quel(s) taxe(s) locale(s) augmenter et dans quelle(s) proportion(s).
« Nous ne pouvons cautionner [...] une augmentation de la taxe foncière de 17 % sans projet qui ne le justifie », a asséné Corinne Gacel, avant d’appeler « tous les Saintais à manifester à nos côtés [...] avant le vote du budget, prévu le 14 décembre ».
Quelques minutes plus tard, Jean-Philippe Ardouin (Modem) s’est « associé à certains propos, comme le délai (de la convocation, NDLR) et la réception des documents. Je les ai reçus samedi. Mais compte tenu de l’importance de la séance, nous resterons à ce conseil »
La majorité se défend
Doublement mise en cause, la majorité a réagi après le départ des cinq conseillers présents, d’abord par la voix de Jean Rouger, qui a en premier lieu assuré que le délai de convocation de cinq jours était bien respecté. « Les convocations sont parties le 10 novembre pour une séance le 16 novembre »
« Je suis désolé si un certain nombre de conseillers ne l’a pas reçu, mais le courrier a été envoyé en temps utile », a répété le maire.
Le premier magistrat a également justifié la communication de certains éléments à la presse, en mettant en avant l’importance des enjeux. « La séance d’aujourd’hui n’est pas secrète, d’autant qu’on y traite de la gouvernance locale pour les cinq ou six prochaines années ». « J’aurais aimé un débat, pas des polémiques » a-t-il soupiré.
La première adjointe, Margarita Sola, a ensuite invoqué un autre argument démontrant, à ses yeux, « la transparence » à l’égard de l’opposition : « Les grandes orientations ont été présentées jeudi dernier à la conférence permanente, à laquelle sont invités tous les élus », a-t-elle argué en « regrettant le petit nombre d’élus de l’opposition alors présents ».
Demain, les choix budgétaires
(1) Texte cosigné par Françoise Bleynie, Bruno Drapron, Corinne Gacel, Frédéric Neveu, Annie Tendron et Thierry Meneau (ce dernier ayant donné procuration).
Auteur : david briand